Catégorie : Toutes les BD

La guerre des Tranchées octobre 1914 – février 1916

Album publié en 2015 aux éditions du Triomphe.


Résumé éditeur

couverture bd La guerre des Tranchées octobre 1914 - février 1916

Un enlisement sur les deux fronts. À la suite du succès éditorial de la BD La bataille de la Marne parue en 2013, Patrick Deschamps, professeur d’histoire, continue son récit de la Grande Guerre en BD.

La guerre qui devait être brève, « fraîche et joyeuse », selon les propres mots du Kronprinz, s’éternise et se transforme en terrible sacrifice.

Les raisons historiques, politiques et humaines de la durée de ce conflit sont racontées, comme la vie au front, le quotidien des soldats, l’apparition des nouvelles techniques de guerre, telle l’aviation, le renseignement et l’impérieuse mobilisation industrielle des pays engagés.

Patrick Deschamps laisse souvent la parole à Maurice Genevoix pour la description des combats et les sentiments du soldat. Cette magistrale page d’histoire prend tout son sens avec les magnifiques dessins de Guillaume Berteloot.

L’ampleur des figures, la précision des détails justement placés, la rigueur historique et militaire, confèrent une poignante présence aux protagonistes de l’Histoire. La mise en couleurs de Jean-Paul Renault achève de transformer cette BD en véritable chef-d’oeuvre.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La guerre des Tranchées octobre 1914 – février 1916 »

Patrick Deschamps nous offre avec « La guerre des Tranchées octobre 1914 – février 1916 » une bande dessinée à la fois poignante et rigoureusement documentée.

Les illustrations de Guillaume Berteloot jouent un rôle central dans cette œuvre. Avec une attention minutieuse portée aux détails historiques, chaque planche semble revivre l’atmosphère pesante des tranchées, ces no man’s lands dévastés où l’humanité vacille sous les bombardements incessants.
Le choix des couleurs, dominé par des tons terreux et grisâtres, accentue le sentiment d’oppression et de désolation, renforçant l’immersion du lecteur dans cet univers sombre.

extrait bd La guerre des Tranchées octobre 1914 - février 1916

Le scénario, lui, ne se contente pas de relater les faits. Patrick Deschamps tisse un récit qui mêle habilement narration et pédagogie. Il réussit à rendre accessibles des enjeux historiques complexes, tout en donnant une voix aux anonymes de la guerre, ces soldats souvent oubliés des grandes fresques historiques.
En intégrant des éléments moins connus, comme le rôle des publications clandestines en zone occupée, la bande dessinée enrichit notre compréhension de ce conflit mondial.

« La guerre des Tranchées » est une œuvre qui interroge, qui émeut et éduque. Un incontournable pour quiconque s’intéresse à l’histoire de La grande Guerre.

Paroles de Poilus 1914-1918 – Intégrale

Album publié en 2024 aux éditions Soleil.


Résumé éditeur

Cet ouvrage regroupe des adaptations de véritables lettres de Poilus par Bajram, De Metter, Lepage, Lidwine, Guarnido, Parnotte, Pedrosa, Rossi, Mallié, Juan Gimenez et bien d’autres.

Des mots écrits dans la boue et qui n’ont pas vieilli d’un jour.

Des dessins chargés d’émotion qui bouleversent et marquent les esprits.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Paroles de Poilus 1914-1918 – Intégrale »

« Paroles de Poilus 1914-1918 – Intégrale« , dirigé par Jean-Pierre Guéno, transcende les frontières du simple recueil de lettres pour devenir une œuvre d’art mémorielle d’une profondeur rare.

À travers une centaine de lettres rédigées par des soldats plongés dans l’horreur des tranchées, cette bande dessinée nous offre un voyage émouvant au cœur de la Première Guerre mondiale. Chaque lettre, minutieusement sélectionnée, est un fragment de vie arraché à la boue et à la peur, et trouve dans l’illustration un écho poignant, multipliant les émotions véhiculées par ces mots d’une autre époque.

La seconde partie de ce volume se distingue par son focus sur les enfants, ces victimes silencieuses de la guerre, privées de leur enfance et confrontées à une propagande insidieuse. Les témoignages poignants révèlent la brutalité d’une guerre qui n’épargne personne, pas même les plus innocents. La diversité des styles graphiques, bien que variée, est perçue comme une force, offrant une richesse visuelle qui complète admirablement la profondeur des textes.

extrait bd Paroles de Poilus 1914-1918 - Intégrale

On saluera le travail d’adaptation des dessinateurs pour son respect du matériau original, transformant ces lettres en autant de tableaux vivants.

« Paroles de Poilus » est une œuvre indispensable pour ceux qui cherchent à comprendre la Grande Guerre à travers le prisme intime et humain des soldats et de leurs familles.

Un véritable monument de mémoire collective, à la fois bouleversant et nécessaire.


Paroles de Poilus 1914-1918 – Tome 2

Album publié en 2012 aux éditions Soleil.


Résumé éditeur

Mon Papa en Guerre.

couverture bd Paroles de Poilus 1914-1918 - Tome 2

Quand éclate la Première Guerre mondiale, il y a 4 millions de Poilus dans les tranchées et 4 millions et demi d’enfants sur les bancs des écoles primaires de la République…

Troublante similitude de ces deux chiffres…Ces enfants sont des « graines de Poilus » et, pour un gouvernement qui vit dans la psychose de voir les vagues de conscrits se dérober devant l’appel d’une guerre incroyablement meurtrière, tout se tient : conditionner les enfants, c’est à la fois conditionner leurs familles et préparer l’état d’esprit des futurs appelés…

Plus de cinq millions de lettres et de cartes postales sont écrites chaque jour par des pères partis au front, dans la boue des tranchées, sans compter des centaines de milliers de journaux intimes rédigés dans des petits carnets ou sur des cahiers d’écolier, et qui sont autant de testaments, de bouteilles à la mer livrés aux familles, et, au-delà, à la postérité. De leur côté, les enfants dessinent et griffonnent…Ils déposent leur écriture maladroite sur des cartes, dans des lettres.

Autant de témoignages croisés de la Grande Guerre, rassemblés dans cet ouvrage poignant qui réunit de grands dessinateurs (Servain, Pedrosa, Warnauts, Cellier, Robin…). Ensemble ils nous offrent un ouvrage exceptionnel, un outil de mémoire… une leçon d’humanité au coeur de la guerre et de la barbarie.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Paroles de Poilus 1914-1918 – Tome 2 »

« Paroles de Poilus 1914-1918 – Tome 2 » de Jean-Pierre Guéno plonge le lecteur dans une dimension méconnue de la Grande Guerre : celle des enfants, spectateurs impuissants d’un conflit qui les transforme en victimes silencieuses.

Ce second tome se distingue par son approche touchante et tragique, mettant en lumière l’impact psychologique et émotionnel de la guerre sur ces jeunes vies.

Le choix de focaliser sur les témoignages d’enfants et sur leurs échanges avec les soldats du front apporte une perspective bouleversante. Les lettres et dessins de ces enfants, souvent maladroits mais d’une sincérité désarmante, révèlent la brutalité d’une époque où l’innocence est sacrifiée pour une cause incompréhensible. À travers des histoires marquantes, comme celle de « l’enfant et la grenade », le lecteur est confronté à la réalité crue d’une guerre qui n’épargne personne.

extrait bd Paroles de Poilus 1914-1918 - Tome 2

Le volet bande dessinée de l’ouvrage suscite des réactions partagées. On pourra saluer la diversité des styles graphiques, qui apportent une dimension visuelle puissante à ces récits. D’autre part, certaines illustrations n’ajoutent pas toujours à la profondeur des textes.

« Paroles de Poilus – Tome 2 » parvient à capter l’âme de ces témoignages avec une émotion palpable. Cet ouvrage n’est pas seulement un hommage aux Poilus, mais aussi une ode à l’humanité des plus jeunes, révélant toute la tragédie d’une guerre qui a dévasté bien au-delà des champs de bataille.


L’Histoire de France en BD – 1914-1918…La Grande Guerre ! (Ed 2018)

Album publié en 2018 aux Editions Casterman.


couverture bd L'Histoire de France en BD - 1914-1918…La Grande Guerre ! (Ed 2018)

De l’attentat de Sarajevo (28 juin 1914) au traité de Versailles (28 juin 1919), l’Europe subit cinq années parmi les pires de son histoire.

Sur terre, sur mer et dans les airs, la Première Guerre mondiale fait rage et brise le destin de millions d’êtres humains, civils et militaires.

Avec ce livre, découvrez les multiples aspects d’un conflit dramatique.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Histoire de France en BD – 1914-1918…La Grande Guerre ! »

Dominique Joly et Bruno Heitz livrent avec cette BD une initiation historique à la Première Guerre mondiale, destinée aux enfants de 9 à 11 ans. Fondé sur une documentation solide, l’album privilégie la nuance : en écartant le mythe de la « fleur au fusil », les auteurs soulignent la stupeur et la résignation des mobilisés face au conflit de 1914 à 1918.

Le style graphique de Bruno Heitz joue un rôle central. Épousant la ligne claire, ses illustrations rondes et colorées rendent accessibles les réalités complexes : organisation des tranchées, équipement des soldats, conditions de vie quotidienne. L’illustrateur maîtrise l’équilibre entre précision documentaire et clarté pédagogique, multipliant les détails authentiques sans surcharger visuellement.

extrait bd L'Histoire de France en BD - 1914-1918...La Grande Guerre !

La narration, équilibrée entre 36 pages de bande dessinée et 12 pages documentaires, couvre les multiples dimensions du conflit : batailles majeures (Marne, Verdun, Somme), émergence de la guerre totale, rôle des colonies, et la question cruciale des raisons pour lesquelles les soldats ont tenu. .

Recommandé pour les jeunes lecteurs en quête de compréhension historique, ce volume conjugue rigueur éducative et accessibilité remarquable, prouvant que la bande dessinée constitue un support pédagogique de premier ordre pour transmettre l’histoire.

Paroles de Poilus 1914-1918 – Tome 1

Album publié en 2012 aux éditions Soleil.


Résumé éditeur

Lettres et Carnets du Front.

Ils avaient 17 à 25 ans. Se prénommaient Gaston, Louis, Réné. Ils étaient palefreniers, boulangers, colporteurs ou bourgeois. Ils devinrent soudainement artilleurs, fantassins, brancardiers…

Voyageurs sans bagages, ils durent quitter leur femme et leurs enfants, revêtir l’uniforme mal coupé et chausser les godillots cloutés. Sur 8 millions de mobilisés entre 1914 et 1918, plus de 2 millions de jeunes hommes ne revirent jamais le clocher de leur village natal. Plus de 4 millions subirent de graves blessures.

Cet ouvrage exceptionnel regroupe des adaptations en BD de véritables lettres de Poilus par Guarnido, Bajram, De Metter, Lepage, Lidwine, Parnotte, Mallié, Juan Gimenez et bien d’autres. Des mots écrits dans la boue et qui n’ont pas vieilli d’un jour. Des dessins chargés d’émotion qui marqueront les esprits.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Paroles de Poilus 1914-1918 – Tome 1 »

« Paroles de Poilus » est une bande dessinée qui se distingue par sa capacité à faire revivre les témoignages poignants des soldats de la Première Guerre mondiale à travers une combinaison unique de texte et d’illustration.

Adaptée du recueil de lettres de Jean-Pierre Guéno, cette œuvre prend vie sous la plume et le pinceau d’une vingtaine d’artistes qui, chacun à leur manière, réinterprètent les mots des Poilus. Loin des discours officiels et de la propagande d’époque, cet album met en lumière l’humanité brute des soldats, leur quotidien fait de peur, de boue, mais aussi de rares moments de tendresse.

extrait bd Paroles de Poilus 1914-1918 - Tome 1

Les illustrations, allant du noir et blanc aux aquarelles, confèrent à chaque lettre une intensité nouvelle, accentuant la force des mots et rendant palpable l’horreur et la poésie de ces instants. Le travail des dessinateurs est remarquable de par son respect pour les textes, laissant la part belle à l’émotion brute tout en ajoutant une profondeur visuelle qui transcende le récit original.

« Paroles de Poilus » n’est pas seulement une bande dessinée ; c’est un projet de mémoire, un hommage vibrant à ces soldats dont les voix résonnent encore aujourd’hui, nous rappelant l’absurdité de la guerre et la force indomptable de l’humanité.


Frankenstein – Au nom du père

Album publié en 2025 aux Editions Glénat.


Adapté du roman de Mary Shelley (publié pour la première fois le 1 janvier 1818).

couverture bd Frankenstein - Au nom du père

Redécouvrez le mythe de Frankenstein !

Retour aux origines du mal avec ce one shot librement inspiré de l’œuvre de Mary Shelley qui nous ensorcèle avec le dessin au lavis noir & blanc d’une grande beauté de l’italien Corrado Roi. À ses côtés, Marco Cannavò développe une relecture originale et audacieuse du roman.
Deuxième volet de la série « Les classiques de l’horreur », où les plus grandes œuvres de la littérature gothique trouvent un souffle nouveau. Après Dracula, c’est au tour de Frankenstein ou le Prométhée moderne, le chef-d’œuvre de Mary Shelley datant du XIXe siècle.


La relation entre le scientifique Victor Frankenstein et le soi-disant « monstre » est devenue un mythe archétypal de la relation trouble entre le créateur et sa créature.
À travers son œuvre, l’écrivain traite de sujets tels que la confrontation de l’homme avec Dieu et interroge les limites rationnelles du progrès scientifique – un sujet très actuel.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Frankenstein – Au nom du père »

Avec Frankenstein – Au nom du père, Marco Cannavò et Corrado Roi livrent une relecture audacieuse et profondément contemporaine du chef-d’œuvre gothique de Mary Shelley. Ce one shot, deuxième volet de la série « Les classiques de l’horreur », s’empare du mythe fondateur pour en extraire toute la noirceur et la complexité psychologique, en s’appuyant sur un scénario dense et une esthétique graphique remarquable.

La narration, qui adopte une perspective à double point de vue, explore la relation archétypale et tourmentée entre Victor Frankenstein et sa créature. Marco Cannavò y injecte une dimension psychanalytique, questionnant la frontière entre créateur et création, la culpabilité, et la quête d’identité. Les thèmes de la transgression scientifique, de la solitude et du rapport à la divinité, déjà présents chez Mary Shelley, trouvent ici un écho saisissant dans notre époque, où les limites du progrès restent un enjeu brûlant.

Graphiquement, Corrado Roi impressionne par l’utilisation virtuose du lavis noir et blanc. Son trait acéré, ses ombres profondes et ses contrastes puissants confèrent à l’album une atmosphère ténébreuse. Chaque case, ciselée avec soin, amplifie la tension dramatique et la mélancolie qui émanent des personnages, tout en rendant hommage à l’esthétique du XIXe siècle et à la tradition gothique.

Frankenstein – Au nom du père s’impose comme une adaptation aussi respectueuse qu’originale, idéale pour les amateurs de littérature gothique et de bandes dessinées d’auteur à l’identité graphique forte. Un ouvrage à recommander à tous ceux qui souhaitent redécouvrir un classique sous un jour nouveau, entre fidélité et réinvention.

Une brève histoire de l’égalité en bande dessinée

Album publié en 2024 aux éditions Seuil.


Résumé éditeur

D’après l’œuvre de Thomas Piketty publiée le 26 aout 2021.

couverture bd Une brève histoire de l égalité en bande dessinée

 » Les questions économiques sont trop importantes pour être laissées à une petite classe de spécialistes et de dirigeants. La réappropriation citoyenne de ce savoir est une étape essentielle pour transformer les relations de pouvoir. « 

Th. P.

En présentant l’évolution sur la longue durée des inégalités entre classes sociales dans les sociétés humaines, Thomas Piketty propose une perspective nouvelle sur l’histoire de l’égalité.
Il s’appuie sur une conviction forte forgée au fil de ses recherches : la marche vers l’égalité est un combat qui vient de loin, et qui ne demande qu’à se poursuivre au XXIe siècle, pour peu que l’on s’y mette toutes et tous.
Après l’immense succès de Capital & Idéologie (par Claire Alet et Benjamin Adam), cette adaptation en bande dessinée d’Une brève histoire de l’égalité permettra à un nouveau public de comprendre et s’approprier la pensée de Thomas Piketty.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Une brève histoire de l’égalité en bande dessinée »

Avec Une brève histoire de l’égalité en bande dessinée, Sébastien Vassant réalise une prouesse remarquable : adapter un texte aussi dense que celui de Thomas Piketty en un format accessible, visuel, et intellectuellement stimulant. Ce pari audacieux transforme un essai économico-historique en un récit graphique captivant.

Dès les premières pages, le lecteur est guidé à travers les grandes étapes de l’évolution des inégalités sociales, depuis les sociétés féodales jusqu’à l’époque contemporaine. Sébastien Vassant réussit à condenser des concepts complexes sans jamais sacrifier leur profondeur. Le format de la bande dessinée, avec des illustrations sobres mais évocatrices, renforce la compréhension des enjeux et rend la lecture fluide.

extrait bd Une brève histoire de l'égalité en bande dessinée

Le choix d’une narration claire et pédagogique fait de cet ouvrage une porte d’entrée idéale pour explorer les débats sur la justice sociale. Plus qu’un simple résumé, cette adaptation illustre brillamment les dynamiques historiques de lutte et de progrès.

Une brève histoire de l’égalité en bande dessinée est une œuvre lumineuse et essentielle pour quiconque souhaite réfléchir aux défis de la société de notre époque. En mêlant pédagogie, pertinence et élégance visuelle, Sébastien Vassant offre ici une contribution précieuse à la démocratisation des savoirs.

Oncle Vania

Album publié en 2025 aux Editions La boite à Bulle.


Adapté de la pièce de théâtre de Anton Tchekhov (joué pour la première fois à Moscou le 26 octobre 1899).

couverture bd Oncle Vania

Dans le domaine qu’elle possède et qu’elle gère – avec l’aide de son oncle Vania – Sonia mène une existence morne et tranquille. Mais celle-ci se trouve soudain perturbée par la présence du père de Sonia, le professeur Sérébriakov, venu passer de longues vacances, accompagné de sa nouvelle épouse, la jeune et belle Eléna.


La jeune femme attise les convoitises de l’Oncle Vania ainsi que d’un ami de la famille, le médecin Astrov – homme misanthrope, amoureux de la nature et inquiet pour son devenir – dont est secrètement amoureuse Sonia…


Quand le professeur, monstre d’égoïsme, annonce son intention de vendre le domaine, la tension entre les différents protagonistes atteint son paroxysme et des coups de feu sont échangés.


La pièce – et sa brillante adaptation – propose une galerie de personnages tout à la fois ridicules dans leur incapacité à prendre en main leur destin, à ne pas gâcher leur unique vie, et touchants par leur sincérité, leur humanité. Et aborde des thèmes aussi contemporains que le mal de vivre ou l’écologie…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Oncle Vania »

Rémy Benjamin propose une adaptation remarquable d’Oncle Vania, l’œuvre emblématique d’Anton Tchekhov de 1897, transformant les subtilités théâtrales en case BD. Cette bande dessinée, parue aux éditions La Boîte à bulles, transcrit fidèlement les tensions psychologiques qui traversent ce domaine rural russe où convergent désillusions amoureuses et questionnements existentiels.

L’auteur belge excelle dans le traitement des thèmes d’Anton Tchekhov : la mélancolie des rêves brisés, les passions refoulées entre Vania, Elena et Astrov, et cette dimension écologique portée par le médecin défenseur des forêts. Rémy Benjamin respecte scrupuleusement le texte original tout en s’appropriant visuellement ces drames intimes où « chacun vit une forme de frustration ».

extrait bd Oncle Vania

Graphiquement, l’œuvre séduit par ses tons jaunâtres et automnaux qui renforcent l’amertume du récit. L’alternance entre gaufriers serrés et pleines pages contemplatives crée un rythme particulièrement efficace. Les paysages, magnifiquement rendus, ne constituent pas un simple décor mais incarnent cette nature menacée, miroir des vies qui se délitent.

Cette adaptation réussit le pari délicat de rendre accessible un chef-d’œuvre théâtral sans le trahir, offrant une lecture riche tant aux néophytes qu’aux connaisseurs de l’univers d’Anton Tchekhov . Un superbe roman graphique.

La Muette – Drancy, un camp aux portes de Paris

Album publié en 2025 aux éditions La Boite à Bulle.


Résumé éditeur

À travers divers destins croisés, le camp d’internement de la Muette, à Drancy, raconté pour la première fois en bande dessinée.

20 août 1941, la police française se prépare à arrêter 5000 habitants du 11e arrondissement de Paris, tous de confession juive… Quelques jours plus tard, ils seront 4230 hommes à être emprisonnés dans la cité de La Muette à Drancy.

Durant trois années, la cité verra ainsi passer 67  000 hommes, femmes et enfants en partance pour les camps de la mort… Parmi eux, Béno, Nissim, Jean, Chil, Chana et bien d’autres. Des noms qui sont autant de victimes de la logique d’extermination nazie – et de ses complicités françaises. Des destins qui se croiseront dans un quotidien rythmé par les rafles et déportations qui emplissent et vident alternativement le camp…

À travers ces histoires, Valérie Villieu et Simon Géliot donnent pour la première fois à voir la vie du camp de La Muette  : son organisation, son évolution et le quotidien des interné.e.s qui y sont passés. Un quotidien marqué par la souffrance, la lutte pour survivre mais aussi la solidarité et la foi en un avenir meilleur.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Muette – Drancy, un camp aux portes de Paris »

Dès l’ouverture de cette BD, La Muette s’affirme comme une plongée saisissante dans l’histoire du camp d’internement de Drancy, d’août 1941 à août 1944. Signé par Valérie Villieu (scénario) et Simon Géliot (dessin), ce roman graphique de 304 pages est précédé d’une préface éclairée de l’historienne Annette Wieviorka.

Le scénario, bâtie autour des destins croisés de Béno, Nissim, Chana et bien d’autres, alterne scènes de vie quotidienne — brimades, trafics, privations — et moments de solidarité. Cette construction en mosaïque, sans dévoiler l’issue des trajectoires, installe une tension constante et invite le lecteur à partager l’angoisse du huis clos.

extrait bd La Muette - Drancy, un camp aux portes de Paris

Sur le plan graphique, le choix d’une palette monochromatique (nuances de bleu froid) renforce l’atmosphère oppressante du camp et sert le récit avec sobriété. Les traits anguleux de Simon Géliot soulignent la fragilité des corps émaciés et la rudesse des baraquements, tandis que les cadrages serrés immergent le lecteur au cœur du cauchemar.

À la fois outil pédagogique et œuvre littéraire, cette BD s’adresse aux enseignants d’histoire et à tout public désireux de comprendre la mécanique de l’internement en France pendant la Seconde Guerre mondiale.


Lieu visité par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

Drancy

L’Enfer Bleu – Tome 2

Album publié en 2025 aux éditions Paquet.


Résumé éditeur

couverture bd L'Enfer Bleu - Tome 2

Alberto, un jeune homme de 19 ans sans expérience du combat ni tendances politiques, décide de s’engager volontairement dans la Division bleue, cherchant à vivre ce qu’il considère comme une grande aventure. S’imaginant participer à la victoire rapide de l’Allemagne sur l’Union soviétique, il se heurte brusquement à la dure réalité d’un conflit prolongé et brutal au milieu de l’hiver le plus rigoureux du XXe siècle.

Ce récit s’appuie sur les expériences authentiques d’Alberto, membre du 2e bataillon du régiment Esparza, le célèbre bataillon romain.
Au fur et à mesure que la guerre progresse, Alberto devient un personnage essentiel, servant de lien fiable avec le commandant et de témoin clé de nombreuses batailles sur le front de Volkhov.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Enfer Bleu – Tome 2 »

« L’Enfer Bleu – Tome 2 » poursuit le témoignage d’Alberto, jeune volontaire de la Division bleue, engagé sur le front du Volkhov durant l’hiver 1941. Paco Asenjo restitue avec fidélité le contexte historique de cette unité de combattants espagnols intégrés à la Wehrmacht, mêlant récits de combats et intimité du soldat confronté à l’horreur glaciale de l’Est soviétique.

Au niveau du scénario, le second opus approfondit la psychologie d’Alberto : son enthousiasme initial se mue en un conflit intérieur, oscillant entre loyauté envers ses frères d’armes et questionnements moraux devant la violence extrême. Les dialogues brefs mais percutants illustrent l’épuisement physique et mental des hommes, tandis que les séquences muettes laissent transparaître l’isolement grandissant du protagoniste.

extrait bd L'Enfer Bleu - Tome 2

Graphiquement, Paco Asenjo déploie un trait réaliste et maîtrisé ; ses personnages sont animés par des expressions fines et des postures dynamiques qui renvoient à leur fatigue autant qu’à leur détermination. La colorisation privilégie des teintes sourdes — bleus acier, gris terreux et ocres froids — accentuant l’atmosphère oppressante du front hivernal. Quelques choix, comme l’insertion de photographies d’archives et de cartes stratégiques en noir et blanc, renforcent l’immersion documentaire de l’album.

Ce deuxième volume séduit par l’alliance d’un scénario exigeant et d’une mise en image d’une justesse rare. A lire pour découvrir ce pan méconnu de la seconde Guerre Mondiale.



Lieu visité par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

Volkhov