Catégorie : Classique Du 21ème Siècle

Erectus 

Bande dessinée publiée en 2024 aux éditions Philéas.


D’après le roman de Xavier Müller publié le 8 novembre 2018.

couverture bd Erectus

Et soudain l’humanité se mit à régresser !

À Richards Bay, en Afrique du Sud, c’est le choc.
Un homme s’est métamorphosé. Il arbore des mâchoires proéminentes, est couvert de poils et ne parle plus.

Bientôt, à New York, Paris, Genève, des Homo erectus apparaissent en meutes, déboussolés, imprévisibles, semant la panique dans la population.

De quel virus s’agit-il ? Que se cache-t-il derrière cette terrifiante épidémie ?
Une scientifique française, Anna Meunier, se lance dans une course contre la montre pour comprendre et freiner cette régression de l’humanité.

Partout, la question se pose, vertigineuse : les recrues sont-elles encore des hommes ?
Faut-il les considérer comme des ancêtres à protéger ou des bêtes sauvages à éliminer ?

Un cauchemar d’ampleur planétaire…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Erectus »

Adaptée du roman à succès de Xavier Müller, la bande dessinée Erectus offre un récit haletant où la science-fiction se mêle au thriller. Éric Juszezak réussit à retranscrire avec brio l’atmosphère inquiétante de cette histoire où une mutation biologique ramène certains humains à un état préhistorique.

L’un des points forts de cette adaptation réside dans son graphisme soigné. Éric Juszezak, maître dans l’art du détail, compose des planches dynamiques qui captivent dès les premières pages. Les scènes d’action sont rendues avec une précision remarquable, renforçant l’immersion du lecteur dans un monde au bord du chaos.

extrait bd Erectus

Le scénario, bien construit, maintient un suspense constant. Si l’adaptation ne peut explorer chaque recoin du roman d’origine, elle compense en proposant une approche visuelle percutante qui amplifie la tension dramatique. L’alchimie entre le scénario et le dessin fonctionne à merveille, rendant hommage au roman d’origine tout en offrant une nouvelle expérience aux lecteurs.

Erectus est une bande dessinée captivante qui séduira les amateurs de thrillers scientifiques et de récits post-apocalyptiques. Avec son trait expressif et sa narration efficace, cette bd prouve qu’une adaptation peut avoir une identité forte tout en respectant l’univers imaginé par son auteur. Une réussite à découvrir sans hésitation.

Les soldats de Salamine

Bande dessinée publiée en 2020 aux éditions Actes Sud.


D’après le roman de Javier Cercas publié le 4 mars 2001.

couverture bd Les soldats de Salamine

On se souvient de la trame du roman éponyme de Javier Cercas : dans les derniers jours de la guerre civile espagnole, l’écrivain Rafael Sánchez Mazas, “le premier fasciste d’Espagne“, un des fondateurs de la Phalange, échappe au peloton d’exécution des troupes républicaines en déroute grâce à un soldat qui, bien que l’ayant vu, lui laisse la vie sauve.


Soixante ans plus tard, un journaliste s’attache au destin des deux adversaires qui ont joué leur vie dans un seul regard et entreprend de recueillir des témoignages pour transformer cette histoire en fiction.


— Dites-moi une chose, dit-il, la main sur la poignée de la porte entrouverte. Pourquoi vouliez-vous rencontrer le soldat qui a sauvé Sanchez Mazas ?
— Pour lui demander ce qu’il a pensé ce matin- là, dans la forêt, après la fusillade, quand il l’a reconnu et l’a regardé dans les yeux. Pour lui demander ce qu’il a vu dans ses yeux. Pourquoi il l’a sauvé, pourquoi il ne l’a pas dénoncé, pourquoi il ne l’a pas tué.
— Pourquoi l’aurait-il tué ?
— Parce qu’à la guerre, les gens tuent. Parce que c’était à cause de Sanchez Mazas et de quatre ou cinq types comme lui qu’il s’est passé ce qui s’est passé et qu’à ce moment-là ce soldat commençait son exil sans retour. Parce que si quelqu’un méritait d’être exécuté, c’était bien Sanchez Mazas.


Roman-document qui a bouleversé l’Espagne et connu une carrière internationale, (Actes Sud, 2002), ce livre est porté par une réflexion profonde sur l’essence même de l’héroïsme et l’inéluctable devoir de réconciliation après les horreurs d’une guerre civile fratricide.
Ce chef d’œuvre est devenu grâce au talent de José Pablo Garcia et à la complicité de Javier Cercas, un roman graphique à part entière. Une gageure, car la structure labyrinthique qui est le dispositif essentiel du livre, devait être sauvegardée très fidèlement. Sans oublier l’humour et l’autodérision


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les soldats de Salamine »

L’adaptation en bande dessinée du roman Les Soldats de Salamine par José Pablo García est un hommage réussi à l’œuvre de Javier Cercas.

À travers un style graphique qui oscille habilement entre la bichromie et la couleur, García parvient à capturer la complexité morale de cette période sombre de l’histoire espagnole. Le récit, qui explore les méandres de la guerre civile espagnole, est marqué par un geste aussi simple que bouleversant : un soldat républicain épargne la vie d’un phalangiste, un acte qui défie la logique de la guerre et interroge sur la nature de l’héroïsme.

García reste fidèle à la structure tripartite du roman, tout en enrichissant l’expérience visuelle par des choix artistiques pertinents. Les transitions entre passé et présent sont fluides, grâce à l’utilisation subtile de la couleur, qui ancre le lecteur dans les différentes temporalités du récit. La profondeur psychologique des personnages, renforcée par des expressions finement détaillées, permet de mettre en lumière les dilemmes humains au cœur de cette histoire.

extrait bd Les soldats de Salamine

Cette bande dessinée ne se contente pas de transposer le texte original en images, mais le rehausse par une dimension cinématographique, rendant l’œuvre accessible et percutante pour un large public.

José Pablo García offre ici une adaptation qui réussit à être à la fois respectueuse du texte source et innovante dans son approche visuelle, faisant de Les Soldats de Salamine une œuvre incontournable pour les amateurs d’histoire et de bande dessinée

A tous les garçons que j’ai aimés

Bande dessinée publiée en 2024 aux éditions Jungle.


D’après le roman de Jenny Han publié le 11 février 2015.

couverture bd A tous les garçons que j ai aimés

Que se passerait-il si tous les garçons pour lesquels vous avez éprouvé des sentiments découvraient en même temps ce que vous ressentez pour eux ?

Lara Jean Song, 16 ans, conserve ses lettres d’amour dans une boîte à chapeau offerte par sa mère. Ce ne sont pas des lettres d’amour que quelqu’un d’autre a écrites pour elle, ce sont des lettres qu’elle a écrites comme des lettres d’adieu pour arrêter d’être amoureuse !
Elle en a écrit une pour chaque garçon qu’elle a aimé, cinq en tout. Lorsqu’elle écrit, elle s’épanche sur son coeur et son âme et dit toutes les choses qu’elle ne dirait jamais dans la vraie vie, parce que ses lettres sont juste pour elle.
Jusqu’au jour où quelqu’un poste ses lettres secrètes. Et soudain, la vie amoureuse de Lara Jean passe de l’imaginaire à l’incontrôlable.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « A tous les garçons que j ai aimés »

L’adaptation graphique du célèbre roman de Jenny Han, portée par Véronique Grisseaux, Akimaro et Li Lu, est une véritable réussite qui séduira les amateurs de romances légères et colorées.
Ce roman graphique capture avec finesse l’essence douce et romantique de Lara Jean, une adolescente ingénue dont le quotidien bascule lorsque ses lettres d’amour secrètes sont envoyées à leurs destinataires.

Le récit, bien que prévisible, est empreint d’une fraîcheur et d’une légèreté qui rendent la lecture particulièrement agréable. Les thématiques abordées – premiers émois amoureux, triangle amoureux et quiproquos – sont traitées avec une innocence charmante, parfaitement adaptée à un public adolescent ou jeune adulte. On pourrait regretter un manque de profondeur émotionnelle dû au format court, cela est largement compensé par une narration fluide et divertissante.

extrait bd A tous les garçons que j ai aimés

Sur le plan visuel, les illustrations d’Akimaro et le character design de Li Lu apportent une esthétique captivante. Les graphismes, inspirés des mangas et webtoons, se distinguent par leur palette pastel et leur style « rose bonbon », en parfaite harmonie avec l’univers romantique et tendre de Lara Jean. Bien que certains décors puissent sembler minimalistes, cela n’enlève rien au plaisir visuel global.

 À tous les garçons que j’ai aimés est une adaptation graphique réussie qui offre un moment de lecture doux et réconfortant. Une œuvre à découvrir pour s’immerger dans un univers pétillant et nostalgique, en attendant peut-être une suite prometteuse !

Oscar et la Dame Rose

Bande dessinée publiée en 2024 aux éditions Albin Michel.


D’après le roman d’ Éric-Emmanuel Schmitt publié le 4 novembre 2002.

couverture bd Oscar et la Dame Rose

Sur sa terrasse, une douce soirée d’été, Mamie-Rose relit les lettres qu’Oscar a écrites à Dieu.

Elle sourit en pensant à ce petit garçon dont elle fut si proche.

« Bonsoir, Mamie-Rose ».

La vieille dame relève la tête : « Oscar ? C’est amusant… Je songeais justement à toi. »

Mamie-Rose vit et échange avec ses souvenirs, plus vivants que jamais. La tendresse entre ces deux-là est infinie, l’un exprimant toute sa colère face à l’injustice de la maladie, l’autre camouflant ses sentiments sous sa brusquerie d’ancienne catcheuse. Bouleversant.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Oscar et la Dame Rose »

L’adaptation en bande dessinée d’Oscar et la Dame Rose par Vincent Zabus et Valérie Vernay est une œuvre profondément émouvante et visuellement captivante. Fidèle au roman d’Éric-Emmanuel Schmitt, elle réussit à transposer avec brio la tendresse et la gravité de cette histoire universelle.

Le récit, centré sur la relation entre Oscar, un enfant atteint de leucémie, et Mamie-Rose, une ancienne catcheuse au franc-parler, explore des thèmes délicats comme la maladie, la mort et l’acceptation. Vincent Zabus enrichit l’histoire originale en intégrant des dialogues percutants et des interactions inédites entre Oscar et Mamie-Rose, qui revisitent ensemble les souvenirs laissés par les lettres du garçon. Ce choix narratif donne une nouvelle dimension au texte tout en respectant son essence.

Graphiquement, Valérie Vernay apporte une douceur réconfortante grâce à son trait rond et ses couleurs chaleureuses. Chaque planche traduit avec finesse les émotions des personnages, oscillant entre légèreté et gravité. Les décors, parfois oniriques, renforcent l’intemporalité de cette histoire et invitent le lecteur à naviguer entre rêve et réalité.

Cette bande dessinée trouve un équilibre subtil entre humour, tendresse et réflexion existentielle. Elle ne se contente pas de reproduire le roman : elle en devient un complément poétique et accessible à un large public.
Une adaptation bouleversante qui saura toucher le cœur des lecteurs, qu’ils soient familiers ou non avec l’œuvre originale.

Des oiseaux dans le ciel d’un théâtre

Bande dessinée publiée en 2025 aux éditions Impressions Nouvelles.


D’après l’œuvre « Bubbelee » de Pascal Quignard publié en 2018.

Bubbelee, des oiseaux dans le ciel d’un théâtre est une œuvre singulière, née d’une rencontre marquante entre l’artiste graphique Cécile Wagner et l’auteur Pascal Quignard en janvier 2021. Fruit de trois années de création, ce livre transcende les frontières entre la littérature, le roman graphique et le spectacle vivant, pour offrir une expérience artistique unique.

Le récit ne se contente pas d’adapter le texte de Pascal Quignard, paru en 2018 aux éditions Galilée. Il en prolonge l’essence, en explorant des thématiques universelles et intemporelles : l’intrusion du sauvage dans l’espace clos du théâtre, la rencontre entre l’écriture et l’image, et l’harmonie entre l’art graphique et les récits littéraires.

S’inspirant des réflexions de Pascal Quignard sur le théâtre et les oiseaux, l’auteur du roman graphique mêle également sa propre passion pour la danse butô japonaise, née dans les années 1950, et pour Hijikata Tatsumi, figure majeure de cette avant-garde. Ce dernier avait d’ailleurs fait l’objet d’un précédent ouvrage primé, Frapper le sol.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Des oiseaux dans le ciel d’un théâtre »

Avec Des oiseaux dans le ciel d’un théâtre, Céline Wagner livre une œuvre singulière qui transcende les frontières entre bande dessinée, poésie et art visuel. Ce roman graphique, inspiré par la danse butô et l’avant-garde japonaise, explore la collision entre nature et scène, sauvage et domestiqué, dans une narration profondément introspective.

L’œuvre interroge les interactions entre l’humain et le vivant, tout en plongeant dans des réflexions sur la théâtralité de l’existence. Wagner mêle habilement des éléments littéraires à une narration graphique fluide, créant un récit immersif où chaque page devient une scène à part entière.

Visuellement, Wagner s’impose comme une artiste complète. Son usage du pinceau donne à chaque case l’apparence d’une toile vivante. Les dessins automatiques et les textures évoquent l’esprit du graffiti ou des estampes japonaises, renforçant l’atmosphère onirique de l’œuvre.

Des oiseaux dans le ciel d’un théâtre est plus qu’une bande dessinée : c’est une expérience sensorielle et intellectuelle. Les amateurs d’art graphique, de poésie visuelle  trouveront dans cet ouvrage un véritable bijou. 

Ce que nous avons perdu dans le feu

Bande dessinée publiée en 2025 aux éditions du Sous-Sol.


D’après les nouvelles de Maria Enriquez publié le 12 janvier 2017.

Mariana Enriquez, originaire d’Argentine, est pour moi l’écrivaine la plus intéressante actuellement : fantastique, gothique, étrange, incroyable.” Virginie Despentes

C’est la nuit, une voiture est à l’arrêt, un bidon d’essence gît non loin. Soudain, le véhicule prend feu, mais la femme au volant reste imperturbable. Sur le siège passager, un livre : Ce que nous avons perdu dans le feu.

Ainsi commence la superbe adaptation graphique de quatre nouvelles de Mariana Enriquez par le très talentueux Lucas Nine. Le réalisme envoûtant du dessinateur nous plonge dans une Buenos Aires inquiétante et mystérieuse, hantée de silhouettes fantasmagoriques, où les légendes urbaines se mêlent aux croyances populaires.
Les junkies errent dans les quartiers malfamés, des corps d’enfants mutilés surgissent dans les patios, il est question d’un serial killer, d’une femme qui souffre et qu’on prend pour folle, des eaux noires d’un fleuve où la mort semble tapie…

D’une histoire à l’autre, comme un fil rouge sang, ces flammes qui dévorent une voiture et sa conductrice. Ou serait-ce le Mal qui ronge la ville condamnée à l’horreur et la violence ?


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Ce que nous avons perdu dans le feu »

Avec Ce que nous avons perdu dans le feu, Lucas Nine livre une adaptation graphique magistrale des nouvelles de Mariana Enriquez, transposant avec brio l’univers sombre et fascinant de l’autrice argentine. Ce roman graphique, publié en 2025, explore les méandres d’une Buenos Aires à la fois réaliste et fantasmée, où le quotidien se mêle à l’effroi et au surnaturel.

extrait bd Ce que nous avons perdu dans le feu

Le trait de Lucas Nine, à la fois précis et évocateur, sublime les récits de Mariana Enriquez. Son utilisation subtile des couleurs, oscillant entre tons ternes et éclats saisissants, amplifie l’atmosphère oppressante et mélancolique des histoires. Chaque planche semble vibrer d’une tension palpable, où les silhouettes fantomatiques surgissent des ombres pour hanter le lecteur. Les thèmes abordés – la violence, la marginalité, les traumatismes collectifs – trouvent un écho visuel puissant dans ce travail graphique qui ne craint ni l’ambiguïté ni la noirceur.

L’adaptation se concentre sur quatre nouvelles emblématiques du recueil original, tissant un fil rouge autour de la destruction et de la résilience. Les flammes, omniprésentes, deviennent un symbole à la fois littéral et métaphorique : elles consument les corps et les âmes tout en révélant une vérité brutale sur une société marquée par ses blessures historiques.

En mêlant réalisme social et fantastique avec une telle maîtrise, Lucas Nine confirme son talent unique. Ce que nous avons perdu dans le feu est une œuvre à la croisée des genres, où l’horreur côtoie la poésie visuelle. Une lecture incontournable.

Les sirènes de Bagdad

Bande dessinée publiée en 2023 aux éditions Philéas.


D’après le roman de Yasmina Khadra publié le 17 aout 2006.

couverture bd Les sirènes de Bagdad

Le récit se déroule durant l’occupation de l’Irak par les troupes américaines : massacres, humiliations, tortures morales et physiques…

Un jeune Bédouin, habitant le village de Kafr Karam, vit paisiblement avec ses parents. Quand les GI investissent leur modeste maison et malmènent le patriarche devant sa famille, plus que le sang qu’il a déjà vu couler à plusieurs reprises, c’est l’humiliation de son propre père qui va faire basculer la vie du fils de cette famille.

Le jeune Bédouin va alors se métamorphoser en un prétendant au suicide terroriste.

Le récit décrypte pas à pas la démarche de manipulation mentale des leaders des organisations terroristes, depuis l’instant où ils ont repéré un candidat potentiel, affaibli par les circonstances de la vie, jusqu’au moment où ils le sentent prêt à franchir le pas.

Après  » Les Déracinés « , Winoc renoue avec un graphisme précis, documenté, pour donner à ses personnages le degré de réalisme nécessaire à l’empathie sans tomber dans la description photographique, trouvant le juste équilibre grâce –; notamment –; à sa palette colorée qui laisse la part belle au lumières orientales.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les sirènes de Bagdad »

« Les sirènes de Bagdad« , adapté par Winoc, est une bande dessinée poignante qui plonge le lecteur dans le chaos de l’occupation américaine en Irak.

Fidèle au roman de Yasmina Khadra, elle dépeint la transformation d’un jeune Bédouin en kamikaze, explorant les ravages psychologiques de la guerre.

Les illustrations de Winoc, sombres et évocatrices, capturent brillamment l’intensité émotionnelle et la dureté des situations.

extrait bd Les sirènes de Bagdad

Le scénario humanise les protagonistes, les présentant comme des victimes des circonstances, plutôt que des fanatiques irrationnels, offrant une réflexion nuancée sur la radicalisation.

Cette adaptation réussit à rendre hommage à l’œuvre originale tout en apportant une dimension visuelle percutante.

Elle interpelle le lecteur sur les dilemmes moraux et les désespoirs qui conduisent à la haine, faisant de « Les sirènes de Bagdad » une œuvre essentielle pour comprendre les complexités du conflit irakien.

La Commode aux tiroirs de couleurs

Album publié en 2021 aux éditions Bamboo.


Résumé éditeur

Adaptation du roman d’Olivia Ruiz parue le 3 juin 2020, Editions JC Lattès.

couverture bd La Commode aux tiroirs de couleurs

“Enfin, après tant d’années d’impatience domptée, je vais connaître le secret que renfermaient ces dix tiroirs. Ma grand-mère les nommait ses renferme-mémoire.”

À la mort de sa grand-mère, une jeune femme hérite de l’intrigante commode qui a nourri tous ses fantasmes de petite fille. Le temps d’une nuit, elle va ouvrir ses dix tiroirs et dérouler le fil de la vie de Rita, son Abuela, dévoilant les secrets qui ont scellé le destin de quatre générations de femmes indomptables, entre Espagne et France, de la dictature franquiste à nos jours.

D’après le brillant premier roman d’Olivia Ruiz, cet album porte une fresque flamboyante sur l’exil qui a déjà conquis des centaines de milliers de lecteurs.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Commode aux tiroirs de couleurs »

« La Commode aux tiroirs de couleurs » est une œuvre qui fusionne habilement mémoire familiale et drame historique.

Adaptée du roman d’Olivia Ruiz, cette bande dessinée, scénarisée par Véronique Grisseaux et illustrée par Winoc et Amélie Causse, transporte le lecteur dans un voyage émotionnel à travers les vies entrelacées de plusieurs générations de femmes espagnoles.

À travers les tiroirs d’une mystérieuse commode, l’héroïne découvre des fragments du passé, des objets qui, chacun, raconte une histoire. Ces récits sont autant de fenêtres ouvertes sur les tourments du XXe siècle, marqués par l’exil et les blessures laissées par la dictature franquiste. Le format graphique parvient à capter l’intensité des émotions grâce à des illustrations délicates, magnifiées par des couleurs qui évoquent la chaleur et la nostalgie.

extrait bd La Commode aux tiroirs de couleurs

On pourrait regretter un traitement un peu trop superficiel du contexte historique, qui est abordé par petites touches sans être pleinement exploré. Malgré cela, l’œuvre séduit par son humanité, offrant un regard tendre et empathique sur les drames personnels et collectifs qui ont façonné ces femmes.

« La Commode aux tiroirs de couleurs » est une réussite qui, sans être parfaite, émeut profondément.

L’Attentat

Album publié aux éditions Glénat en 2022.


Adapté du roman de Yasmina Khadra publié le 20 juillet 2005.

couverture bd L'Attentat

Au cœur du conflit israélo-palestinien.

Amine Jaafari, arabe et israélien, est un chirurgien reconnu à Tel Aviv où il vit avec son épouse.

Un jour, après un attentat meurtrier, la police israélienne l’informe que la kamikaze est… sa femme.

Brisé par cette révélation, Amine décide d’aller à la rencontre de ceux qui l’ont poussée à commettre le pire.

À la recherche de la vérité, il va devoir se confronter à une réalité qu’il a refusée de voir, lui, l’Arabe si bien intégré du bon côté du mur.

Loïc Dauvillier et Glen Chapron signaient en 2012 une adaptation vibrante du roman de Yasmina Khadra, vendu à plus d’un million d’exemplaires en France et traduit dans plus de 20 pays.

Dix ans plus tard, cette tragédie au cœur du conflit israélo-palestinien reste malheureusement aussi pertinente et utile à la réflexion et aux mémoires. Évitant l’écueil des jugements de valeur, l’œuvre suscite plus de questions qu’elle ne donne de réponses et confronte le lecteur avec la douleur de chaque camp…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Attentat »

« L’attentat« , une œuvre poignante de Loïc Dauvillier et Glen Chapron, transpose brillamment le roman de Yasmina Khadra en bande dessinée.

Ce récit puissant suit Amine Jaafari, un chirurgien arabe israélien dont la vie bascule lorsque sa femme est identifiée comme kamikaze. Ce bouleversement personnel entraîne le lecteur dans une quête déchirante de vérité et de compréhension.

Dauvillier parvient à capter l’essence du roman de Khadra, en mettant en lumière les dilemmes moraux et les tragédies humaines au cœur du conflit israélo-palestinien.

Les illustrations de Chapron, avec leur style à la fois sobre et expressif, renforcent l’impact émotionnel de l’histoire, offrant une dimension visuelle qui accentue la profondeur du récit.

On ne peut que saluer la fidélité de l’adaptation et la manière dont elle aborde des thèmes complexes tels que le terrorisme, l’identité et le deuil sans tomber dans le manichéisme. Cette bande dessinée est non seulement une adaptation réussie, mais aussi une œuvre autonome puissante, invitant le lecteur à une réflexion profonde sur les conséquences personnelles de la violence et du conflit.

« L’attentat » est une lecture incontournable pour ceux qui cherchent à comprendre les réalités humaines derrière les événements tragiques. Cette bande dessinée démontre avec brio le potentiel de la BD pour traiter des sujets sérieux et émouvants.

Par la force des arbres

Bande dessinée publiée en 2023 aux éditions Rue de Sèvres.


D’après le roman d’ Edouard Cortés publié le 21 octobre 2020.

couverture bd Par la force des arbres

Comment retrouver de l’air quand le quotidien et son rythme infernal nous étouffe ?
Edouard Cortès a choisi, pour se libérer du « monde d’en bas », d’aller vers celui « du haut » : au bord du gouffre, il va quitter femme et enfants pendant plusieurs mois pour vivre dans une cabane de sa propre construction, nichée dans un arbre en pleine forêt.
Loin des réseaux sociaux et du tumulte de la société, il trouve une échappatoire dans le silence et la contemplation solitaire, et redécouvre des sensations essentielles au bien-être de chacun.
Après avoir retranscrit son histoire en roman, il laisse à Dominique Mermoux le soin d’adapter avec justesse et sensibilité cet étonnant récit de vie.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Par la force des arbres »

L’adaptation en bande dessinée de Par la force des arbres par Dominique Mermoux, tirée du roman autobiographique d’Édouard Cortès, s’affirme comme une œuvre sensible et riche en enseignements. À travers le récit d’un homme qui se retire dans une cabane perchée sur un chêne pour se reconnecter à la nature et à lui-même, cet album explore des thématiques très contemporaines.

Édouard Cortès, écrasé par les contraintes administratives et les échecs de son activité d’éleveur, décide de fuir un monde qui l’a vidé de son sens et de sa vitalité. À six mètres du sol, au cœur d’un chêne choisi comme refuge, il entreprend un cheminement à la fois intérieur et environnemental.

Cet isolement temporaire ne représente pas un rejet des hommes, mais un besoin viscéral de se retrouver, de panser ses blessures et de redécouvrir la beauté simple mais puissante de la nature.

Le récit, profondément humain, dialogue avec les grandes questions écologiques et existentielles de notre époque : comment habiter le monde sans l’épuiser ? Comment se redécouvrir en harmonie avec son environnement ?

L’illustration de Dominique Mermoux est une véritable ode à la nature. Ses dessins, précis et délicats, exaltent la faune et la flore du Périgord noir, transformant chaque planche en une fresque vivante et immersive. La palette douce et lumineuse, proche de l’aquarelle, offre une lecture apaisante . Les pages muettes, où le visuel prend le pas sur le texte, traduisent avec poésie la symbiose entre l’homme et la forêt.

extrait bd Par la force des arbres

Le récit, ponctué de réflexions sur le bonheur, la solitude, le lien familial et la préservation de la nature, échappe à l’écueil de la moralisation. Édouard ne cherche pas à imposer un modèle de vie, mais partage son expérience comme une parenthèse salvatrice dans un quotidien oppressant.
Ses observations philosophiques – sur le cycle de l’eau, la résilience des arbres ou encore la vacuité des objets de consommation – invitent le lecteur à ralentir et à contempler le monde avec une attention renouvelée. Pourtant, cette retraite n’est pas idéalisée : elle reste ancrée dans la réalité, avec ses limites et ses paradoxes. Édouard reste un homme moderne, utilisant des outils contemporains et maintenant un lien ténu avec ses proches.

Par la force des arbres est une méditation sur notre rapport à la nature et à nous-mêmes, une mise en garde contre les dérives de la société de consommation, et une exploration des voies possibles pour retrouver une vie pleine de sens. À la fois inspirant et apaisant, cet album parvient à toucher les lecteurs dans leur intimité tout en leur offrant une « bulle d’oxygène » bienvenue.

Dominique Mermoux et Édouard Cortès réussissent une adaptation fidèle du roman, où texte et image dialoguent avec harmonie. Une lecture à recommander à tous ceux en quête de sens, de nature et de sérénité.