Catégorie : Classique Du 20ème Siècle

1984 (Adapté par Sybille Titeux de la Croix)

Bande dessinée publiée en 2021 aux éditions du Rocher.


D’après le roman de George Orwell publié le 8 juin 1949.

couverture bd 1984 (Adapté par Sybille Titeux de la Croix)

En 1984, alors que l’Océania est toujours en guerre contre l’Eurasia, Winston, dans un acte de désobéissance extrême, décide de tenir son journal…
Il lui faut, en plus, redoubler de prudence lorsque la fille aux cheveux noirs prend contact avec lui.
En Océania, les relations hors mariage sont proscrites, les amitiés doivent rester superficielles et il est interdit de se mélanger aux prolétaires.
La Police de la Pensée veille, et Big Brother ne vous lâche pas des yeux.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « 1984 »

L’entrée de l’œuvre de George Orwell dans le domaine public en 2021 a donné lieu à une véritable « Orwell Mania » avec pas moins de quatre adaptations en bande dessinée de 1984 publiées simultanément. Parmi celles-ci, la version de Sybille Titeux de la Croix et Amazing Ameziane, parue aux Éditions du Rocher, se distingue par sa fidélité remarquable au texte original et son approche visuelle particulièrement immersive.

Cette adaptation de 232 pages respecte scrupuleusement le roman d’Orwell. Sybille Titeux de la Croix, scénariste diplômée de l’École Supérieure Nationale des Arts Décoratifs et passionnée de littérature, fait un usage judicieux des récitatifs pour préserver la densité philosophique du texte original. 
L’évolution psychologique de Winston Smith, employé du ministère de la Vérité, est minutieusement retracée dans sa lente transformation face à l’oppression totalitaire. Les thèmes majeurs du roman – surveillance de masse, manipulation de l’information, destruction de l’individualité – sont traduits avec une fidélité remarquable.

extrait bd 1984 (Adapté par Sybille Titeux de la Croix)

Amazing Ameziane déploie une esthétique cinématographique puissante, influencée par sa culture comics et notamment par Frank Miller et Bill Sienkiewicz. Son parti pris chromatique – une palette restreinte dominée par les tons bleus et verts, ponctuée de rares éclats de rouge brutal – renforce l’atmosphère oppressante du récit. 
Les jeux d’ombre et de lumière, véritables clairs-obscurs expressionnistes, révèlent magistralement la psyché torturée des personnages. L’omniprésence du visage de Big Brother, travaillé pendant une semaine entière par l’artiste en s’inspirant des affiches de propagande britanniques de la Première Guerre mondiale, s’impose comme une réussite iconographique remarquable.

Cette adaptation constitue un exercice d’équilibre entre respect du texte original et création visuelle, offrant aux lecteurs une immersion totale dans l’univers dystopique d’Orwell. Elle s’adresse aux lecteurs souhaitant redécouvrir ce classique sous un nouveau jour.


Bilbo le Hobbit – Tome 2

Album publié en 2001 aux Editions Vent d’Ouest.


Adapté du roman de J. R. R. Tolkien (publié pour la première fois le 21 septembre 1937).

Lorsque le respectable Bilbo Sacquet entendit frapper à la porte de son confortable trou de hobbit, sous la colline, il ne se doutait pas qu’il allait ouvrir au magicien Gandalf, accompagné d’une ribambelle de nains barbus lancés sur les traces du trésor de leurs ancêtres.
Il n’imaginait pas non plus que son aventure allait constituer le prologue indissociable du  » Seigneur des Anneaux « , roman qui allait conquérir des dizaines de millions de lecteurs sur plusieurs générations.
Avec le second et dernier tome de cette adaptation en bande dessinée respectueuse du texte original, voici l’occasion de revisiter les Terres du Milieu, avec l’émerveillement d’un regard neuf…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Bilbo le Hobbit – Tome 2 »

Cette adaptation graphique du chef-d’œuvre de J.R.R. Tolkien, publiée originellement par Eclipse Comics en 1989 puis rééditée par Vents d’Ouest en 2001, constitue l’aboutissement d’un projet d’envergure mené par l’illustrateur David Wenzel et les scénaristes Charles Dixon et Sean Deming. Ce second tome clôt magistralement l’aventure de Bilbo Sacquet, depuis sa confrontation avec le dragon Smaug jusqu’à son retour paisible dans la Comté.

Ce second tome excelle dans sa représentation de la transformation profonde de Bilbo, personnage initialement timoré qui révèle progressivement ses ressources intérieures face aux épreuves. L’adaptation respecte scrupuleusement le scénario de J.R.R. Tolkien, préservant cette dimension initiatique où le hobbit découvre courage et ingéniosité. 

extrait bd Bilbo le Hobbit - Tome 2

Le style de David Wenzel, caractérisé par sa technique à l’aquarelle aux couleurs pastel et ses formes arrondies, crée un univers graphique unique. Cette esthétique délibérément enfantine, parfois comparée à « Blanche-Neige et les Sept Nains », sert paradoxalement la dimension intemporelle du conte de J.R.R. Tolkien. Les illustrations pleine page révèlent un talent remarquable pour les compositions panoramiques, conférant une ampleur épique aux paysages de la Terre du Milieu.

Malgré un scénario parfois dense héritée de la fidélité au texte original, cette adaptation demeure une réussite qui mérite sa place parmi les adaptations littéraires en bande dessinée. Elle s’adressera particulièrement aux jeunes lecteurs.

Bilbo le Hobbit – Tome 1

Album publié en 2001 aux Editions Vent d’Ouest.


Adapté du roman de J. R. R. Tolkien (publié pour la première fois le 21 septembre 1937).

Lorsque le respectable Bilbo Sacquet entendit frapper à la porte de son confortable trou de hobbit, sous la colline, il ne se doutait pas qu’il allait ouvrir au magicien Gandalf, accompagné d’une ribambelle de nains barbus lancés sur les traces du trésor de leurs ancêtres.
Il n’imaginait pas non plus que son aventure allait constituer le prologue indissociable du  » Seigneur des Anneaux « , roman qui allait conquérir des dizaines de millions de lecteurs sur plusieurs générations.
Avec le premier tome de cette adaptation en bande dessinée respectueuse du texte original, voici l’occasion de revisiter les Terres du Milieu, avec l’émerveillement d’un regard neuf…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Bilbo le Hobbit – Tome 1 »

Publié initialement par Eclipse Comics en 1989, puis adapté en français chez Glénat en 1991 (republié en 2001), Bilbo le Hobbit – Tome 1 de David Wenzel constitue une œuvre pionnière dans l’adaptation graphique de la fantasy littéraire. Cette transposition du roman de J.R.R. Tolkien, scénarisée par Charles Dixon, s’inscrit dans l’ère du format « prestige » des comics américains, période d’expérimentation artistique particulièrement fertile.

L’adaptation respecte scrupuleusement la roman original, suivant Bilbo Sacquet dans sa transformation d’un hobbit casanier en héros malgré lui. Charles Dixon préserve les thématiques centrales de J.R.R. Tolkien. Cette approche permet de conserver l’essence psychologique des personnages, notamment l’évolution graduelle de Bilbo qui trouve beaucoup plus de ressources en lui qu’il ne l’imaginait.

extrait bd Bilbo le Hobbit - Tome 1

Le style de David Wenzel , réalisé à l’aquarelle avec des couleurs pastel et des formes arrondies, crée un univers visuellement distinctif qui évoque délibérément l’illustration de conte pour enfants. Cette approche esthétique sert parfaitement la nature initiale du récit conçu pour un public jeune. Les nombreuses illustrations pleine page révèlent la maîtrise technique de David Wenzel , particulièrement dans le rendu des paysages et des créatures fantastiques.

Cette adaptation demeure l’une des rares transpositions graphiques respectueuses de l’univers de J.R.R. Tolkien avant les adaptations cinématographiques contemporaines. Recommandée aux lecteurs cherchant une alternative accessible au roman original, elle témoigne d’une époque où l’adaptation littéraire en bande dessinée privilégiait la fidélité artistique à l’efficacité commerciale.

Le joueur d’échecs

Album publié en 2015 aux Editions Sarbacane.


Adapté du roman de Stefan Zweig (publié pour la première fois le 7 décembre 1942).

couverture bd Le joueur d’échecs

Sur un paquebot reliant New York à Buenos Aires, deux joueurs d’échecs que tout sépare s’affrontent. Czentovic, orphelin taciturne, arrogant, et tacticien remarquable, devenu champion du monde, et Mr. B, un mystérieux et magnétique aristocrate autrichien rescapé des geôles nazies.

Cette histoire est écrite sur le principe du récit en abyme. Dans le huis clos sur le paquebot viennent s’intercaler deux récits. Le premier nous emmène dans une province russe reculée pour suivre l’ascension fulgurante du prodige Czentovic. Le second nous permet d’en apprendre plus sur le mystérieux Mr.B et l’enfer de son séjour dans la chambre d’hôtel autrichienne.

Deux personnages, deux destins, deux récits enchâssés… toujours d’actualité plu


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le joueur d’échecs »

Dans cette adaptation du chef-d’œuvre posthume de Stefan Zweig, Thomas Humeau nous plonge dans un huis clos fascinant à bord d’un paquebot reliant New York à Buenos Aires en 1947. Sur ce navire s’affrontent deux joueurs que tout oppose : Czentovic, champion du monde arrogant et taciturne, et Monsieur B., mystérieux aristocrate autrichien rescapé des geôles nazies.

L’œuvre explore brillamment les thèmes de la folie, de l’obsession et de la résistance intellectuelle face à l’oppression. Thomas Humeau enrichit le récit original en introduisant Emma, fille du commandant, qui apporte une touche de légèreté à cette histoire profondément névrotique. La scénario entrelace habilement trois récits : le voyage en paquebot, l’ascension fulgurante de Czentovic en Russie, et l’enfer vécu par Monsieur B. dans sa chambre d’hôtel autrichienne.

extrait bd Le joueur d’échecs

Le style graphique de Thomas Humeau, avec son trait sobre et son découpage original, traduit parfaitement les tourments psychologiques des protagonistes. Ses illustrations chaotiques et anguleuses reflètent la violence et la folie qui habitent les personnages. La palette chromatique, composée d’aplats de couleurs vives et de dégradés adaptés à chaque récit, renforce l’atmosphère oppressante tout en créant un contraste saisissant entre la vie ordinaire du bateau et la lutte mentale qui se joue sur l’échiquier.

Cette œuvre captivante séduira tant les amateurs de bandes dessinées que les passionnés de littérature classique. Thomas Humeau réussit le pari de transposer en images la profondeur psychologique du texte de Stefan Zweig, offrant une réflexion pertinente sur la façon dont les régimes totalitaires peuvent briser les esprits les plus brillants.


Le Comité

Album publié en 2016 aux éditions Cambourakis.


Résumé éditeur

Librement adapté du roman de Sonallah Ibrahim publié en 1981.

« Le Comité » est une organisation mystérieuse et insaisissable, qui agit dans l’ombre du pouvoir. Déterminé à le détruire, le narrateur choisit d’incarner sans retenue divers rôles (boulanger, couturier, etc.) qui lui permettent de se rapprocher de ce groupuscule.
Fasciné par le Docteur, figure emblématique du Comité, il choisit d’aller jusqu’au bout de sa démarche en prenant sa place et dénoncer ainsi la mascarade des jeux de pouvoir.
Tiraillé entre soumission et émancipation, opportunisme individuel et conscience collective, l’homme prend consciemment le chemin de l’autodestruction.
Inspiré du roman Le Comité de Sonallah Ibrahim, l’adaptation libre de Thomas Azuélos est fidèle à son sens profond et offre un écho très actuel au propos du romancier égyptien après le soulèvement de la place Tahrir en 2011 et les bouleversements qui s’en sont suivis.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Comité »

Le Comité, librement adapté du roman de Sonallah Ibrahim, plonge le lecteur dans l’Égypte post-Sadate (1981) jusqu’à la révolution de la place Tahrir (2011), offrant une fable kafkaïenne sur les rouages du pouvoir.

L’intrigue suit Saïd, simple fonctionnaire zélé, qui accepte l’absurde invitation d’une organisation mystérieuse chargée de « valider » la réussite sociale. Par son personnage, Thomas Azuélos explore les thèmes de la soumission, de l’émancipation et de l’autodestruction, illustrant l’influence insidieuse et silencieuse des hiérarchies invisibles. Chaque séance auprès du Comité se révèle autant un rite initiatique qu’une mascarade, posant un regard critique et universel sur la manipulation des masses et la quête illusoire de reconnaissance.

Sur le plan graphique, le noir et blanc ciselé, rythmé de trames délicates et de contrastes puissants, confère à l’atmosphère une tension palpable. Les visages austères et les décors épurés soulignent la dimension théâtrale et claustrophobe de l’entretien, renforçant l’émotion par une économie de traits maîtrisée.

Le Comité se distingue par son propos engagé et son style visuel sobre et percutant. Cette fable politique, à la fois universelle et profondément ancrée dans l’histoire égyptienne, s’adresse à tout lecteur en quête d’une bande dessinée à la fois intellectuelle et sensorielle.

Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson

Album publié en 2017 aux Editions Nobi Nobi.


Adapté du conte de Selma Lagerlöf (publié pour la première fois le 29 novembre 1906).

couverture bd Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson

Nils est un vilain garnement qui préfère jouer des tours et embêter les animaux plutôt que d’étudier sagement.
Un jour qu’il s’en prend à un minuscule lutin vivant chez lui, le voilà réduit à la même taille que celui-ci !
Il ne peut alors pas empêcher Martin,  le jars de la ferme, de s’envoler avec les oies sauvages…
Le jeune garçon va donc l’accompagner malgré lui pour un fabuleux voyage à travers la Suède, à la découverte de la nature et de nouveaux amis.
Mais Nils pourra-t-il rentrer chez lui pour que tout redevienne comme avant ?


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson »

Cette adaptation manga du célèbre roman de Selma Lagerlöf réussit le pari délicat de transposer un classique de la littérature suédoise dans un format contemporain. 

Nori Ichikawa, l’auteur de ce manga, préserve l’essence narrative du voyage initiatique de Nils, ce garnement transformé en lutin qui découvre l’empathie à travers son périple aérien avec les oies sauvages. L’adaptation condense intelligemment les thèmes fondamentaux : la rédemption par l’épreuve, le respect de la nature et la découverte de soi. La transformation psychologique du protagoniste, d’enfant égoïste à être altruiste, conserve toute sa portée émotionnelle.

extrait bd Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson

Le style graphique de Ichikawa, un peu « rondouillard », s’avère parfaitement adapté au récit. Les personnages, qu’ils soient humains ou animaux, rayonnent d’expressivité et de charisme, créant une proximité immédiate avec le lecteur. Cette approche visuelle douce accompagne la dimension contemplative du voyage à travers les paysages suédois.

Publié chez Nobi Nobi dans la collection « Les classiques en manga », cet ouvrage réussit à rendre accessible un patrimoine littéraire nordique tout en préservant sa dimension éducative et poétique. Une lecture recommandée pour découvrir ou redécouvrir ce bijou de la littérature suèdoise.

La cavalière Elsa

Album publié en 2010 aux Editions Gallimard.


Adapté du roman de Pierre Mac Orlan (publié pour la première fois en mai 1921).

couverture bd La cavalière Elsa

Pierre Mac Orlan a près de quarante ans quand il écrit « La Cavalière Elsa ».
Dès sa sortie en 1921, ce roman est immédiatement reconnu et obtient le prix littéraire de la renaissance.
Renaissance, c’est aussi celle des hommes encore sous le choc de la grande tuerie de 14-18. Cette blessure se ressent dans l’écriture de la Cavalière Elsa.
Pierre Mac Orlan, ancien combattant puis reporter de la « der des ders », appréhende de façon prémonitoire des lendemains qui ne chanteront pas : l’ère des fascismes, qu’ils soient mussolinien, stalinien ou hitlérien.
La cavalière Elsa est avant tout égérie instrumentalisée, symbole magnifié, une femme manipulée à des fins idéologiques.

Afin de permettre à un large public d’accéder à cette œuvre littéraire, roman atypique de l’écrivain du « Quai des Brumes », l’Association TERROIRS, éditrice, a fait appel au trait affûté du dessinateur Jean CUBAUD qui a donné un visage à cette emblématique Cavalière.
L’introduction, les « bonus » et les diverses notes et quadrichromies expliquent le contexte artistique et historique de ce roman.
Cette édition, originale dans sa conception, devrait satisfaire aussi bien les amoureux de la littérature – l’adaptation reprend en grande partie le texte initial – que ceux de la bande dessinée.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La cavalière Elsa »

Jean Cubaud livre avec La Cavalière Elsa une adaptation du roman visionnaire de Pierre Mac Orlan (1921), Prix de la Renaissance 1922. Cette bande dessinée de 2010 transpose avec fidélité l’univers sombre de ce précurseur de la politique-fiction, anticipant de onze ans Le Meilleur des mondes d’Huxley.

La BD explore avec une acuité troublante les mécanismes totalitaires naissants de l’après-Première Guerre mondiale. Elsa, jeune juive de Cologne transformée en icône révolutionnaire malgré elle, incarne cette « inquiétude européenne » que Pierre Mac Orlan souhaitait capturer. La trajectoire du personnage, perdant progressivement son identité pour se conformer à une légende orchestrée par des manipulateurs cyniques, résonne avec une modernité saisissante.

extrait bd La cavalière Elsa

Jean Cubaud , fort de son expérience dans l’animation (Alix, Barbe-Rouge, Histoires du Père Castor), déploie un trait en noir et blanc d’une sobriété parfaitement adaptée à la gravité du propos. Son style graphique, épuré mais non dénué d’émotion, sert l’ironie grinçante de Pierre Mac Orlan et la métaphore théâtrale qui traverse le récit.

Cette édition, enrichie d’annexes documentaires, constitue une redécouverte salutaire d’un texte prophétique. Une œuvre essentielle pour les amateurs de bande dessinée littéraire et d’anticipation politique, témoignant de la pertinence intemporelle des intuitions de Pierre Mac Orlan sur les dérives autoritaires.

A quatre mains – Tome 1

Album publié en 2006 aux éditions Emmanuel Proust.


Résumé éditeur

D’après l’œuvre de Paco Ignacio Taibo II publiée en novembre 1992 en France.

couverture bd A quatre mains - Tome 1

L’espionnage élevé au rang des beaux-arts !

Ciudad Juarez, 1923.
L’acteur comique Stan Laurel assiste à l’assassinat de Pancho Villa.

New-York 1989.
Alex, chef du  » shit department  » de la CIA, prépare un nouveau coup tordu à destination du Nicaragua. Quels liens étranges unissent ces deux époques faites de sang, de révolutions et de contre-révolutions ?
Dans cet immense puzzle des manipulations humaines, deux journalistes, Greg et Julio, entrent en scène pour nous éclairer sur les dossiers secrets de l’Amérique latine.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « A quatre mains – Tome 1 »

Amazing Améziane s’attaque à l’adaptation d’un monument de la littérature policière latino-américaine avec À quatre mains, le roman de Paco Ignacio Taibo II lauréat du prix Dashiell Hammett 1991. Ce premier tome révèle l’ampleur d’un projet ambitieux : transformer en bande dessinée une fresque géopolitique complexe qui entremêle un siècle de révolutions et de manipulations.

L’intrigue déploie avec virtuosité trois trames temporelles distinctes : l’assassinat de Pancho Villa en 1923 dont Stan Laurel est témoin, les opérations de désinformation de la CIA dans les années 1980, et l’enquête de deux journalistes contemporains, Greg et Julio. Cette narration éclatée, à la manière d’un Pulp Fiction, dessine progressivement un immense puzzle des dossiers secrets de l’Amérique latine.

Le trait d’Améziane démontre une intelligence graphique en adoptant des codes visuels spécifiques à chaque époque : tons ocre pour les séquences mexicaines de 1923, esthétique comics flashy pour les journalistes, bichromie caricaturale pour les scènes de la CIA. Cette fragmentation stylistique renforce la cohérence narrative en guidant intuitivement le lecteur dans les différentes périodes temporelles.

À quatre mains  en BD : Une leçon de géopolitique servie par un dessinateur visionnaire qui ose surprendre.

Les morts ont tous la même peau

Album publié en 2020 aux éditions Glénat.


Résumé éditeur

D’après l’œuvre de Boris Vian publiée en février 1947.

couverture bd Les morts ont tous la même peau

« Entre donner les coups et les recevoir, je préférais les donner. »

Dan est un sang-mêlé. Autrement dit, un noir à peau blanche. Videur dans un bar de nuit à New York, il ne vit que pour Sheila, sa femme, et l’enfant qu’il a eu avec elle. Un enfant que la société acceptera parce que sa peau est blanche, contrairement à Dan, pour qui le secret de ses origines plane tel une épée de Damoclès.
Alors qu’il s’entiche subitement d’une prostituée noire et que l’irruption de son frère, Richard, menace de tout révéler, Dan voit sa vie basculer.
Lui qui, non sans remords, a tant voulu être un Blanc, ne serait-il au fond de lui-même qu’un « nègre » ?

À la manière de Chandler ou Hadley Chase, Boris Vian – alias Vernon Sullivan – donne libre cours à la violence et l’érotisme pour explorer la folie intérieure d’un homme qui ne se reconnaît plus.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les morts ont tous la même peau »

Une Descente aux Enfers Saisissante dans l’Amérique Ségrégationniste.
« Les morts ont tous la même peau » nous plonge dans les abysses psychologiques d’un homme déchiré par ses origines. Cette adaptation du roman de Boris Vian, écrit sous le pseudonyme Vernon Sullivan en 1947, est magistralement orchestrée par Jean-David Morvan et mise en images par German Erramouspe et Mauro Vargas.

Dans le New York d’après-guerre, Dan Parker, videur dans un bar nocturne, vit dans la terreur que son secret soit révélé : sous sa peau blanche coule du sang noir. Lorsque son frère Richard menace de dévoiler ses origines, Dan s’engage dans une spirale autodestructrice où violence et pulsions sexuelles s’entremêlent. .

extrait bd Les morts ont tous la même peau

Le trait nerveux et réaliste de German Erramouspe et Mauro Vargas traduit parfaitement la tension permanente qui habite le protagoniste. Les visages expressifs, les scènes d’action percutantes et l’utilisation judicieuse de bichromies créent une ambiance suffocante qui colle parfaitement à l’univers de Boris Vian. La mise en page dynamique sert la narration, en particulier lors des passages les plus violents ou érotiques.

Cette adaptation réussit le pari audacieux de transposer en bande dessinée l’univers cru et sans concession de Vernon Sullivan/Boris Vian, tout en conservant son propos sur l’absurdité des préjugés raciaux. Un polar noir et intense, à recommander aux amateurs d’œuvres graphiques adultes qui ne reculent pas devant les représentations sans fard de la violence dans un contexte historique de ségrégation américaine.

L’homme qui plantait des arbres

Album publié aux éditions Bang en 2021.


Résumé éditeur


D’après la nouvelle de Jean Giono publiée pour la première fois le 15 mars 1954.

couverture bd L’homme qui plantait des arbres

En 1953, Jean Giono écrit L’homme qui plantait des arbres, une nouvelle qui deviendra très vite célèbre, et dont Giono cèdera les droits dans le but d’en faciliter la diffusion.

Le narrateur y raconte sa rencontre, en 1913, tout proche de Vergons, dans les Alpes de Haute-Provence, avec un berger, Elzéard Bouffier, qui consacre ses journées à la plantation de chênes, pour faire revivre cette terre désertique.
Cette histoire, fictive, a pourtant longtemps été considérée comme une histoire vraie. Ce qui prouve que ce que raconte Giono n’est pas une utopie, et que les événements retranscrits pourraient très bien se produire dans la réalité. Nous pouvons, toutes et tous, agir positivement sur le monde qui nous entoure, à condition d’en avoir le désir et la patience.

Sandra Hernández nous livre une magnifique adaptation de L’homme qui plantait des arbres, entre bande dessinée et album illustré, destinée aux enfants comme aux adultes et aux adolescents, à tous ceux qui rêvent parfois qu’on peut encore changer le monde.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’homme qui plantait des arbres »

Sandra Hernández livre une adaptation remarquable de la nouvelle de Jean Giono « L’homme qui plantait des arbres« , publiée chez Bang Ediciones en 2021. Cette illustratrice barcelonaise, diplômée de l’Escola Massana et lauréate du prix Junceda 2022 pour le meilleur cómic, transforme le récit écologiste de Jean Giono en une bande dessinée hybride, oscillant entre roman graphique et album illustré. L’œuvre raconte l’histoire d’Elzéard Bouffier, berger solitaire qui redonne vie aux terres arides de Haute-Provence en plantant inlassablement des arbres entre 1913 et 1947.

Sandra Hernández respecte l’esprit du texte original tout en exploitant pleinement les ressources narratives de la bande dessinée. Les thèmes centraux – l’écologie, la persévérance et la générosité désintéressée – trouvent une résonance particulière dans notre époque de crise climatique. L’autrice développe subtilement la psychologie d’Elzéard Bouffier, présentant un personnage dont la détermination silencieuse contraste avec l’agitation du monde extérieur. 
La représentation des deux guerres mondiales constitue un petit tour de force : Sandra Hernández synthétise ces tragédies en quelques case BD sombres qui contrastent avec le reste de la BD.

extrait bd L’homme qui plantait des arbres

Le style visuel de Sandra Hernández se distingue par son approche coloriste et sa technique proche du « style naïf », évoquant parfois le Douanier Rousseau. Cette esthétique simple soutient parfaitement le message universel de l’œuvre. La représentation de la nature évolue magistralement : des terres désolées initiales aux paysages luxuriants, chaque page témoigne de la transformation écologique. Les personnages acquièrent une dimension quasi-iconique qui renforce l’aspect fabuleux du récit.

Cette adaptation constitue un modèle du genre, démontrant comment une bande dessinée peut enrichir un texte littéraire sans le trahir. Sandra Hernández réussit le pari de s’adresser simultanément aux enfants et aux adultes, offrant une œuvre accessible mais jamais simpliste. Cette bande dessinée s’impose comme un manifeste écologique d’une actualité brûlante, porteur d’un message d’espoir indispensable.