Catégorie : Classique Du 20ème Siècle

Train de nuit dans la Voie lactée

Album publié en 2026 aux Editions Morgen.


Adapté du roman de Kenji Miyazawa publié en 1934.

couverture bd Train de nuit dans la Voie lactée

Le soir de la Fête de la Voie Lactée, en butte aux moqueries de ses camarades d’école, Giovanni part s’isoler sur une colline et s’assoupit.
A son réveil, un train à vapeur en provenance du Cosmos se pose à ses côtés…
Curieux, il embarque sans se douter qu’il va visiter les confins de la galaxie, en compagnie de son ami Campannella…



L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Train de nuit dans la Voie lactée »

La BD sortira en janvier 2026.

extrait bd Train de nuit dans la Voie lactée

Entretien avec un vampire – L’histoire de Claudia

Album publié en 2013 aux Editions Pika.


Adapté du roman d’Anne Rice publié en avril 1976.

couverture bd Entretien avec un vampire - L'histoire de Claudia

Vampire, elle n’aurait jamais dû le devenir. Son existence est une abomination pour les créatures de la nuit.
Elle chemine entre les ombres d’un monde pour toujours hors de sa portée, prédateur pris au piège dans le corps d’une enfant.
À la fois, orpheline, victime et monstre…
Voici l’histoire de Claudia.



L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Entretien avec un vampire – L’histoire de Claudia »

Ashley Marie Witter offre une adaptation graphique fidèle au chef-d’œuvre d’Anne Rice, en axant le récit sur Claudia, le personnage emblématique de 1794 à la Nouvelle-Orléans. Transformée en vampire à seulement cinq ans par Lestat pour retenir Louis, Claudia incarne un destin tragique : un esprit d’adulte prisonnier d’un corps éternel d’enfant.

Thématiquement, l’œuvre explore la contradiction au cœur de l’existence de Claudia, prédateur invulnérable condamné à l’infantilisation perpétuelle. Cette dualité entre sa prédation carnée et son impossibilité sociale d’accéder à l’âge adulte crée une profondeur psychologique intense, amplifiée par le ressentiment envers ses créateurs.

extrait bd Entretien avec un vampire - L'histoire de Claudia

Graphiquement, Ashley Marie Witter déploie un style semi-réaliste manga élégant, maîtrisant cheveux, vêtements XVIIIe siècle et expressions faciales avec finesse. Les planches exploitent dominantes sepias, instillant une atmosphère romantique et vintage, avant que le rouge du sang surgisse dramatiquement, criant l’horreur et la beauté du mythe vampirique.

Cette adaptation captivera les amateurs du roman d’Anne Rice à travers l’interprétation visuelle saisissante de Ashley Marie Witter.

La Commedia des Ratés – Seconde partie

Album publié en 2011 aux Editions Dargaud.


Adapté du roman de Tonino Benacquista publié le 12 avril 1991.

Antonio, un jeune rital de la banlieue parisienne, hérite d’un lopin de vigne en Italie, un bout de terre produisant une infâme piquette, mais qui attire bien des convoitises.
Alors que des truands patibulaires, ou d’onctueux membres du clergé, pressent Antonio de vendre, celui-ci, sur les traces de son ami Dario, abattu d’une balle de 9 mm met au point une arnaque redoutable qui le rendra immensément riche… ou le tuera.
Olivier Berlion réalise une remarquable adaptation du célèbre roman de Tonino Benacquista et signe une merveille de polar dense et noir.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Commedia des Ratés – Seconde partie »

Avec cette seconde partie de La Commedia des Ratés, Olivier Berlion conclut magistralement l’adaptation du roman primé de Tonino Benacquista. Antonio Polsinelli, ce fils d’immigré italien de Vitry-sur-Seine, achève son parcours initiatique dans les terres ancestrales de Sora, où l’héritage de son ami Dario révèle ses véritables enjeux.

L’intrigue orchestrée autour de la chapelle Sant’Angelo constitue le cœur battant de ce dénouement. Antonio découvre et réalise l’arnaque imaginée par Dario : transformer un lieu de culte délabré en site de pèlerinage lucratif grâce à un faux miracle soigneusement orchestré. Cette supercherie, mêlant vin rouge, statue miraculeusement intacte et guérison spectaculaire d’un faux aveugle, révèle toute la virtuosité narrative de Tonino Benacquista dans sa critique mordante des dérives religieuses et mafieuses.

Olivier Berlion se dépasse dans la retranscription graphique de l’univers méditerranéen. Son trait réaliste aux contours affirmés saisit avec justesse l’atmosphère lourde du village italien, où se côtoient truands patibulaires et onctueux membres du clergé. Les couleurs chaudes soutiennent parfaitement cette ambiance parfois oppressante, tandis que les flashbacks sur la Résistance italienne de 1944 apportent la profondeur historique nécessaire à la compréhension des enjeux familiaux.

La galerie de personnages révèle toute la richesse psychologique de l’œuvre originale. Marcello, ce vagabond faussement aveugle, incarne avec justesse ces « ratés » du titre, ces laissés-pour-compte qui trouvent dans l’escroquerie religieuse une forme de revanche sociale. Antonio lui-même, initialement en « perte de repères », trouve dans cette arnaque italienne une réconciliation inattendue avec ses origines niées.

L’adaptation de Olivier Berlion respecte scrupuleusement l’esprit grinçant du polar de Tonino Benacquista, cette « comédie à l’italienne » au « goût amer » où se mêlent tous les stéréotypes transalpins : mafia, Vatican, miracles douteux et spéculations financières.

Cette conclusion s’impose comme un modèle d’adaptation BD, prouvant qu’Olivier Berlion sait allier fidélité littéraire et excellence graphique pour servir une histoire où l’absurdité le dispute à l’humanité.

La Commedia des Ratés – Première partie

Album publié en 2011 aux Editions Dargaud.


Adapté du roman de Tonino Benacquista publié le 12 avril 1991.

couvertrue bd La Commedia des Ratés - Première partie

Mon ami Dario est mort d’une balle dans la tête après m’avoir demandé un service : rédiger une lettre d’amour en français.
Il faut dire que Dario est le seul à n’avoir jamais coupé les ponts. Il était le plus rital d’entre nous. Il a fait de moi son héritier : un minuscule carré de vigne sur les hauteurs de Seca pour lequel il s’est ruiné. Un bout de terre qui a jamais rien produit d’autre qu’une infâme piquette.
Sauf que depuis les cadavres pleuvent, on me tire dessus et je n’ai pas d’autre choix que de retourner sur cette terre maudite pour sauver ma peau…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Commedia des Ratés – Première partie »

Paru le 18 février 2011 chez Dargaud, La Commedia des Ratés est la première partie d’un diptyque adapté du roman de Tonino Benacquista par Olivier Berlion. L’album situe son intrigue entre Vitry-sur-Seine et Sora, en Italie, où Antonio Polsinelli hérite d’un mystérieux vignoble après l’assassinat de son ami d’enfance.

Olivier Berlion et Tonino Benacquista tissent un polar intimiste où la quête d’identité se mêle à la tension criminelle. Les thèmes de l’héritage culturel, de l’exil et de la vengeance s’articulent autour d’un protagoniste en pleine crise identitaire. Les flash-backs sur le passé du père d’Antonio, évoquant la Seconde Guerre mondiale, enrichissent la profondeur psychologique des personnages, et les cadavres qui jalonnent le récit soulignent la noirceur des atmosphères sans jamais basculer dans l’exagération.

extrait bd La Commedia des Ratés - Première partie

Le trait réaliste et parfois rude de Olivier Berlion, aux contours marqués, confère à chaque planche une puissance émotionnelle. Les couleurs directes, oscillant entre tons chauds pour la vigne italienne et sépia pour les souvenirs, renforcent l’immersion dans l’ambiance à la fois crue et mélancolique de l’histoire.

Ce premier tome pose un suspense haletant. Destinée aux amateurs de polars et aux passionnés de BD réaliste, La Commedia des Ratés – Première partie se révèle d’ores et déjà incontournable !

Vol de nuit

Livre illustré publié en 2011 aux Editions Futuropolis.


Adapté du roman de Antoine De Saint-Exupéry publié le 19 septembre 1931.

couverture bd Vol de nuit

80 ans après sa parution, Futuropolis propose une édition illustrée de Vol de nuit.
Ce best-seller de la littérature reçut le prix Femina en 1931. Saint-Exupéry venait d’avoir trente ans. Il raconte dans ce récit le quotidien des premiers pilotes de ligne.
Son témoignage est dépouillé de toute littérature. Il retrace une expérience vécue et il montre comment lui-même et ses camarades aviateurs étaient prêts à renoncer à tout ce qui les touchait individuellement, pour défendre une cause qui leur semblait légitime.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Vol de nuit »

Vol de nuit, adapté et illsutré par Bernard Puchulu d’après le roman d’Antoine De Saint-Exupéry, plonge le lecteur au cœur des premiers vols aériens de nuit de l’Aéropostale, dans l’Amérique du Sud des années 1930. Publiée par Futuropolis en 2011, cette édition illustrée célèbre le 80ᵉ anniversaire du roman et restitue fidèlement l’atmosphère de l’œuvre originelle.

extrait bd Vol de nuit

Graphiquement, l’auteur emploie la technique du clair-obscur avec une palette limitée qui accentue la solitude des héros et la brutalité de la nuit. Les angles de vue variés et les gros plans sur les visages soulignent l’émotion et la grandeur tragique du récit : la lueur d’une fusée éclairante devient un symbole poignant de l’espoir et du sacrifice.

Vol de nuit de Bernard Puchulu propose une lecture à la fois respectueuse du texte de Saint-Exupéry et pleinement renouvelée par un graphisme méticuleux. 

Le Nom de la Rose – Tome 2

Album publié en 2026 aux éditions Glénat.


Résumé éditeur

Adapté du roman d’Umberto Eco publié le 6 octobre 1980.

Quand le maître italien du neuvième art revisite le chef-d’œuvre d’Umberto Eco. Et si le savoir était plus dangereux que le péché ?

En l’an 1327, dans une abbaye bénédictine du nord de l’Italie, plusieurs moines sont retrouvés morts.
Pour mettre un terme à ces inquiétantes disparitions avant l’arrivée d’une importante délégation de l’Église, le frère Guillaume de Baskerville tente de lever le voile sur ce mystère qui attise toutes les superstitions. Assisté par son jeune secrétaire Adso de Melk, Guillaume poursuit l’enquête dans les couloirs glacés de l’abbaye. Mais derrière les murs de la bibliothèque labyrinthique, les secrets s’épaississent. Et les morts s’accumulent…
Pendant qu’Adso succombe à une passion que même la foi ne peut contenir, Guillaume fait des découvertes troublantes : des empoisonnements, un miroir qui n’est pas qu’un miroir, un livre interdit et des symboles cabalistiques. Alors que l’Inquisition approche et que les flammes du bûcher menacent, la vérité semble se cacher dans les ombres. Entre hérésie, désir et savoir interdit, les deux hommes vont devoir percer à jour les secrets de la congrégation et les ténèbres de l’âme humaine…

Événement !
Milo Manara clôt son l’adaptation en deux tomes du chef d’œuvre d’Umberto Eco, vendu à plusieurs millions d’exemplaires et traduit en 43 langues. Après Jean-Jacques Annaud au cinéma (1986), et avant une comédie musicale et un opéra, c’est la bande dessinée qui propose, via l’un de ses artistes les plus prestigieux, une relecture du célébrissime polar philosophique médiéval.
À la demande des héritiers Eco, Manara a eu carte blanche pour donner sa vision de l’œuvre, et le succès a été au rendez-vous : plus de 100 000 ex. vendus en France pour le tome 1. En voici la conclusion, enrichie d’une préface de Jean-Jacques Annaud lui-même.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Nom de la Rose – Tome 2 »

Adapté du chef-d’œuvre d’Umberto Eco, traduit en 43 langues, ce second tome signé Milo Manara clôt une entreprise aussi ambitieuse que périlleuse : distiller en bande dessinée l’un des romans les plus denses du XXᵉ siècle.
En l’an 1327, Guillaume de Baskerville et son jeune secrétaire Adso de Melk poursuivent leur enquête dans une abbaye bénédictine du nord de l’Italie, tandis que les morts s’accumulent et que l’Inquisition approche. Le récit monte en tension avec efficacité : empoisonnements, miroir trompeur, livre interdit, symboles cabalistiques, chaque indice renforce l’atmosphère d’un thriller philosophique où hérésie, désir et savoir interdit s’entremêlent.

Au niveau du scénario, Milo Manara réussit l’essentiel : préserver la profondeur psychologique des deux protagonistes. Guillaume incarne une raison froide et tenace face à l’obscurantisme, tandis qu’Adso, tiraillé entre foi et chair, offre le regard troublé d’une jeunesse confrontée à l’ambiguïté du monde.


Sur le plan graphique, le trait de Milo Manara n’a rien perdu de sa fraîcheur ni de sa précision. La colorisation assurée par sa fille Simona Manara a gagné en maîtrise : les ocres et les ombres de l’abbaye médiévale créent une atmosphère enveloppante, et la scène de l’incendie final se révèle grandiose et chatoyante.

Ce diptyque s’adresse autant aux amateurs de bande dessinée historique qu’aux lecteurs d’Umberto Eco désireux de retrouver par l’image ce roman.


L’Île du Crâne – Intégrale

Album publié en en 2025 aux éditions du Jungle.


Résumé éditeur

D’après l’œuvre d’Anthony Horowitz publiée mars 1988 (titre original Groosham Grange).

couverture bd L'Île du Crâne - Intégrale

L’adaptation en BD de la célèbre duologie d’Anthony Horowitz dans une version collector !
David Eliot s’est fait renvoyer du collège prestigieux où ses ancêtres ont tous séjourné. Pour le punir, ses parents décident de l’envoyer à Groosham Grange, un établissement réputé pour sa discipline de fer. Mais ni eux ni David ne réalisent où il met les pieds véritablement…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bd « L’Île du Crâne – Intégrale »

La BD sortira en novembre 2025.

Croc-blanc – Le roman de Jack London en BD

Album publié en en 2025 aux éditions du Jungle.


Résumé éditeur

D’après l’œuvre de Jack London publiée en octobre 1906.

Né d’une mère chienne et d’un père loup, Croc-Blanc grandit dans la nature sauvage.
Recueilli par une tribu indienne pour devenir chien d’attelage, il est ensuite vendu à un maître cruel qui en fait une bête de combat. Tiraillé entre l’appel de la vie sauvage et son admiration pour les dieux-humains, Croc-Blanc parviendra-t-il à s’adapter à la société des humains ?


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bd « Croc-Blanc »

Le scénariste Maxe L’Hermenier et le dessinateur Thomas Labourot adaptent le célèbre roman « Croc-Blanc » aux éditions Jungle. .

L’histoire se déroule dans le Grand Nord glacé, à l’époque de la ruée vers l’or. On suit le destin de Croc-Blanc, un fier chien-loup. Il doit survivre dans une nature hostile. Il subit la cruauté des hommes avant de trouver enfin un maître bienveillant. C’est un récit puissant sur la liberté, la violence et la recherche de la paix.

Le scénario est excellent. Maxe L’Hermenier rend ce classique très accessible. Il se concentre sur les émotions de l’animal. Le lecteur comprend les peurs et le courage de Croc-Blanc. On s’attache vite à ce héros à quatre pattes.

extrait bd Croc-Blanc

Visuellement, l’album est superbe. Thomas Labourot utilise un trait dynamique et semi-réaliste. Ses paysages de neige sont magnifiques et immersifs. Les scènes d’action sont intenses, mais restent adaptées aux jeunes lecteurs. Le dessin soutient parfaitement l’émotion de l’histoire.

Cette bande dessinée modernise l’œuvre de Jack London sans la trahir. A recommander aux collégiens et aux amateurs d’aventure. C’est une lecture touchante et intelligente.


Les chefs d’œuvre de Lovecraft – La Couleur tombée du ciel

Album publié en 2020 aux éditions Ki-oon.


Résumé éditeur

Adapté de la nouvelle de Howard Phillips Lovecraft publiée en septembre 1927.

couverture bd La Couleur tombée du ciel

Affrontez l’horreur et la désolation de la Lande Foudroyée…

Un projet de barrage promet d’engloutir toute une vallée reculée de la campagne américaine. Bizarrement, son dernier habitant se réjouit de voir le lieu disparaître sous les flots, en particulier la parcelle de terrain voisine…
Les Gardner y ont vécu paisiblement pendant des années, jusqu’à ce que la chute d’une météorite juste devant leur maison fasse basculer leur quotidien.

Des scientifiques ont tenté d’étudier ce roc venu de l’espace, sans succès. La matière ne ressemblait à rien de connu et se distinguait par sa couleur inexistante sur Terre… Après cet événement, la faune et la flore ont commencé à s’altérer, les phénomènes étranges se sont multipliés, entraînant la famille Gardner dans une spirale de malheurs…

Avec un trait sombre et réaliste, Gou Tanabe met en images les pires cauchemars imaginés par H. P. Lovecraft, le maître du fantastique et de l’horreur. Que peut faire l’homme quand les forces issues des confins de l’univers s’abattent sur lui sans crier gare ?


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Couleur tombée du ciel »

Publié en mars 2020 chez Ki-oon dans la collection Les Chefs-d’œuvre de LovecraftGou Tanabe transpose avec fidélité la nouvelle de 1927 de H. P. Lovecraft. Le récit suit un géomètre envoyé à Arkham pour relever les contours d’un futur réservoir, qui découvre la « lande foudroyée » : un territoire où la chute d’une météorite a corrompu la faune et la flore, instillant peu à peu folie et décrépitude.

Gou Tanabe rend palpable le cosmicisme original en jouant sur la lente montée de la tension psychologique. Les personnages – notamment la famille Gardner, pris au piège d’un mal incompréhensible – voient leur quotidien basculer dans une spirale de malheurs dont les effets sur la santé mentale sont décrits avec sobriété et retenue. L’alternance entre narration descriptive et dialogues concis renforce l’impression d’impuissance face à l’inexplicable.

extrait bd La Couleur tombée du ciel

Le trait réaliste et la richesse des textures de Gou Tanabe offrent un spectaculaire contraste entre ombres profondes et lumières éthérées. Les gros plans sur la végétation déformée et les insectes mutants soulignent la dimension oppressante de l’intrigue. La monochromie, loin d’appauvrir l’image, magnifie l’« indescriptible » couleur extra-terrestre que le mangaka parvient à évoquer par des jeux de trame et de hachures.

Alliant rigueur et intensité, ce one-shot s’impose comme une porte d’entrée idéale pour les néophytes d’ H. P. Lovecraft tout en satisfaisant les aficionados. À recommander sans hésiter aux amateurs de fantastique et d’horreur qui recherchent une expérience visuelle et narrative immersive.

1984 (Adapté par Jean-Christophe Derrien)

Bande dessinée publiée en 2021 aux éditions du Soleil.


D’après le roman de George Orwell publié le 8 juin 1949.

couverture bd 1984 (Adapté par Jean-Christophe Derrien)

D’après le roman culte et visionnaire de George Orwell, l’adaptation en bande dessinée d’une œuvre précurseur, miroir à peine déformant de notre époque.

Londres, 1984.
Smith est un employé du Parti chargé de réviser l’Histoire. Dans un monde où toute sentimentalité est interdite, il est attiré par Julia, une femme peut-être dangereuse pour lui. Ensemble, ils vont tenter d’échapper à l’emprise du gouvernement et de Big Brother, le chef omnipotent du gouvernement.
Mais est-ce possible dans un monde où tout fait et geste est surveillé et enregistré ?


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « 1984 »

Parue aux éditions Soleil en janvier 2021, cette adaptation de 1984 arrive dans un contexte particulier : l’entrée du roman de George Orwell dans le domaine public a généré simultanément quatre versions en bande dessinée du classique dystopique. Le scénariste Jean-Christophe Derrien, reconnu pour ses adaptations littéraires (L’Homme qui voulut être roi) et son travail sur des séries comme Résistances, s’associe au dessinateur Rémi Torregrossa pour porter à l’écran cette œuvre visionnaire de 1949.

L’adaptation de Jean-Christophe Derrien condense en 120 pages l’essentiel du roman sans en trahir l’esprit. Le scénariste fait le choix de centrer son récit sur la relation entre Winston Smith et Julia, transformant leur histoire d’amour en acte de résistance face à l’oppression du Parti. 

Le travail d’adaptation témoigne d’une compréhension fine de l’œuvre originale, Jean-Christophe Derrien ayant puisé directement dans le texte anglais pour certaines formulations. 

extrait bd 1984 (Adapté par Jean-Christophe Derrien)

Rémi Torregrossa déploie un style réaliste et détaillé qui matérialise avec justesse l’univers carcéral imaginé par Orwell. Son choix esthétique réside dans l’utilisation dominante du noir et blanc, créant une atmosphère terne et déshumanisée parfaitement accordée au propos. Les rares incursions de couleur – un verre d’alcool, un baiser, une caresse – soulignent avec subtilité les moments d’humanité et de résistance dans un monde qui les proscrit.

L’architecture oppressante des ministères, les perspectives écrasantes et les mouvements de foules domestiquées révèlent la maîtrise technique de Rémi Torregrossa. Son trait, inspiré de la tradition franco-belge avec des influences de la bande dessinée américaine, parvient à donner corps aux concepts abstraits du totalitarisme sans jamais verser dans l’illustration littérale.

Cette adaptation constitue une réussite dans sa capacité à rendre accessible le chef-d’œuvre de George Orwell à un public élargi, notamment lycéen et étudiant.  Elle offre une porte d’entrée idéale vers l’univers de George Orwell tout en conservant la force prophétique d’une œuvre plus que jamais d’actualité.